30 juin 2012

« Emmener des jeunes à coup de subventions pour repeindre une classe d’école au Mali (à 2 000 € le billet d’avion, c’est cher du pot de peinture), c’est les amener à « s’engager » et c’est bien ! Les faire réfléchir sur l’état de délabrement de leur propre lycée poubelle, où l’on a parqué la totalité des enfants d’étrangers pendant que les petits français ont obtenu une dérogation pour le centre-ville, c’est leur faire faire de la « politique », et c’est mal ! S’occuper des ennuis des autres, c’est apprendre le désintéressement. Réfléchir à ses ennuis, c’est faire de la politique.
La vie associative a accepté de faire vœu de chasteté politique en échange d’un strapontin dans l’économie sociale marchande. Elle accueille, emploie et forme cette nouvelle version des dames patronnesses que sont les « bénévoles » qui n’ont plus rien des militants, qui s’engagent « concrètement » et grâce auxquels les services publics délégués aux associations reviennent moins cher aux pouvoirs locaux. Elle apprend aux jeunes à « s’engager positivement » en échange d’un contrat précaire. La vie associative est aujourd’hui le plus fidèle allié et le plus efficace relais de l’idéologie droitière de dépolitisation des relations sociales. »
Dictionnaire de la langue de bois et des concepts opérationnels, la Scop « Le pavé »

Image : Banksy 

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